Formation Français de base et compréhension de textes.

LEÇON 3

Aujourd’hui 11 mai, jour de déconfinement, il restera célèbre, deux nouveaux textes, un de Balzac , l’autre de JJ Rousseau :

Et comme toujours nous commençons par un peu de grammaire et de conjugaison

Honoré de Balzac : la maison du chat qui pelote –

Le 4 mai ce sera la deuxième émission de français. Voici le premier texte expliqué, tiré du discoures de la méthode de René Descartes :

Au milieu de la rue Saint-Denis, presque au coin de la rue du Petit-Lion, existait naguère une de ces maisons précieuses qui donnent aux historiens la facilité de reconstruire par analogie l’ancien Paris. Les murs menaçants de cette bicoque semblaient avoir été bariolés d’hiéroglyphes. Quel autre nom le flâneur pouvait-il donner aux X et aux V que traçaient sur la façade les pièces de bois transversales ou diagonales dessinées dans le badigeon par de petites lézardes parallèles ? Évidemment, au passage de la plus légère voiture, chacune de ces solives s’agitait dans sa mortaise. Ce vénérable édifice était surmonté d’un toit triangulaire dont aucun modèle ne se verra bientôt plus à Paris. Cette couverture, tordue par les intempéries du climat parisien, s’avançait de trois pieds sur la rue, autant pour garantir des eaux pluviales le seuil de la porte que pour abriter le mur d’un grenier et sa lucarne sans appui. Ce dernier étage était construit en planches clouées l’une sur l’autre comme des ardoises, afin sans doute de ne pas charger cette frêle maison.

Par une matinée pluvieuse, au mois de mars, un jeune homme, soigneusement enveloppé dans son manteau, se tenait sous l’auvent d’une boutique en face de ce vieux logis, qu’il examinait avec un enthousiasme d’archéologue. À la vérité, ce débris de la bourgeoisie du seizième siècle offrait à l’observateur plus d’un problème à résoudre. À chaque étage, une singularité : au premier, quatre fenêtres longues, étroites, rapprochées l’une de l’autre, avaient des carreaux de bois dans leur partie inférieure, afin de produire ce jour douteux, à la faveur duquel un habile marchand prête aux étoffes la couleur souhaitée par ses chalands. Le jeune homme semblait plein de dédain pour cette partie essentielle de la maison, ses yeux ne s’y étaient pas encore arrêtés. Les fenêtres du second étage, dont les jalousies relevées laissaient voir, au travers de grands carreaux en verre de Bohême, de petits rideaux de mousseline rousse, ne l’intéressaient pas davantage.

Et voici le texte de JJ ROUSSEAU, tiré de l’Emile :

Vous vous fiez à l’ordre actuel de la société, sans songer que cet ordre est sujet à des révolutions inévitables, et qu’il vous est impossible de prévoir ni de prévenir celle qui peut regarder vos enfants. Le grand devient petit, le riche devient pauvre, le monarque devient sujet, les coups du sort sont-ils si rares que vous puissiez compter d’en être exempt ? Nous approchons de l’état de crise et du siècle des révolutions. Qui peut vous ré- pondre de ce que vous deviendrez alors ? Tout ce qu’ont fait les hommes, les hommes peuvent le détruire : il n’y a de caractères ineffaçables que ceux qu’imprime la nature, et la nature ne fait ni princes, ni riches, ni grands seigneurs. Que fera donc, dans la bassesse, ce satrape que vous n’avez élevé que pour la grandeur ? Que fera, dans la pauvreté, ce publicain qui ne sait vivre que d’or ? Que fera, dépourvu de tout, ce fastueux imbécile qui ne sait point user de lui-même, et ne met son être que dans ce qui est étranger à lui ? Heureux celui qui sait quitter alors l’état qui le quitte, rester homme en dépit du sort ! Qu’on loue tant qu’on voudra ce roi vaincu, qui veut s’enterrer en furieux sous les débris de son trône ; moi je le méprise ; je vois qu’il n’existe que par sa couronne, et qu’il n’est rien du tout s’il n’est roi : mais celui qui la perd et s’en passe, est alors au-dessus d’elle. Du rang de roi, qu’un lâche, un méchant, un fou peut remplir comme un autre, il monte à l’état d’homme que si peu d’hommes savent remplir.

Or de toutes les occupations qui peuvent fournir la subsistance à l’homme, celle qui le rapproche le plus de l’état de nature est le travail des mains : de toutes les conditions, la plus in- dépendante de la fortune et des hommes est celle de l’artisan. L’artisan ne dépend que de son travail ; il est aussi libre que le laboureur est esclave : car celui-ci tient à son champ dont la récolte est à la discrétion d’autrui. L’ennemi, le prince, un voisin puissant, un procès lui peut enlever ce champ ; par ce champ on peut le vexer en mille manières : mais partout où l’on veut vexer l’artisan, son bagage est bientôt fait ; il emporte ses bras et s’en va. Toutefois l’agriculture est le premier métier de l’homme ; c’est le plus honnête, le plus utile, et par conséquent le plus noble qu’il puisse exercer. Je ne dis pas à Émile, apprends l’agriculture ; il la sait. Tous les travaux rustiques lui sont familiers ; c’est par eux qu’il a commencé ; c’est à eux qu’il revient sans cesse. Je lui dis donc, cultive l’héritage de tes pères ; mais si tu perds cet héritage, ou si tu n’en as point, que faire ? Apprends un métier.

Un métier à mon fils ! mon fils artisan ! Monsieur, y pensez-vous ? J’y pense mieux que vous, madame, qui voulez le réduire à ne pouvoir jamais être qu’un lord, un marquis, un prince, et peut-être un jour moins que rien ; moi, je lui veux donner un rang qu’il ne puisse perdre, un rang qui l’honore dans tous les temps ; je veux l’élever à l’état d’homme, et quoi que vous puissiez dire, il aura moins d’égaux à ce titre qu’à tous ceux qu’il tiendra de vous

Et voici les commentaires de ces deux textes.

LEÇON 2

Voici la deuxième leçon de grammaire

CONSIDÉRATIONS TOUCHANT LES SCIENCES de René Descartes

Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée; car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. En quoi il n’est pas vraisemblable que tous se trompent: mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices aussi bien que des plus grandes vertus; et ceux qui ne marchent que fort lentement peuvent avancer beaucoup davantage, s’ils suivent toujours le droit chemin, que ne font ceux qui courent et qui s’en éloignent.

et voici celui de Montesquieu

Si j’avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais :

Les peuples d’Europe ayant exterminé ceux de l’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique, pour s’en servir à défricher tant de terres.Le sucre serait trop cher, si l’on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves.Ceux dont il s’agit sont noirs depuis les pieds jusqu’à la tête; et ils ont le nez si écrasé qu’il est presque impossible de les plaindre.

On ne peut se mettre dans l’esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir. Il est si naturel de penser que c’est la couleur qui constitue l’essence de l’humanité, que les peuples d’Asie, qui font des eunuques, privent toujours les noirs du rapport qu’ils ont avec nous d’une façon plus marquée.

On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui, chez les Égyp­tiens, les meilleurs philosophes du monde, étaient d’une si grande conséquence, qu’ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains.

Une preuve que les nègres n’ont pas le sens commun, c’est qu’ils font plus de cas d’un collier de verre que de l’or, qui, chez des nations policées, est d’une si grande conséquence. Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne som­mes pas nous-mêmes chrétiens.

De petits esprits exagèrent trop l’injustice que l’on fait aux Africains. Car, si elle était telle qu’ils le disent, ne serait-il pas venu dans la tête des princes d’Europe, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d’en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié?

Voici l’audio et l’explication :

Descartes et Montesquieu

Le 27 Avril c’était le premier cours de français à la radio, voici les deux fables de La Fontaine que nous avons commenté :

LEÇON 1

Commençons par la leçon de grammaire française de base :

LE LOUP ET L’AGNEAU

Fable n° 10

Livre I

La raison du plus fort est toujours la meilleure.
Nous l’allons montrer tout à l’heure.
Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d’une onde pure.
Un Loup survient à jeun qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
Sire, répond l’Agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu’elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d’elle ;
Et que par conséquent en aucune façon
Je ne puis troubler sa boisson.
Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l’an passé.
Comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né ?
Reprit l’Agneau, je tète encor ma mère,
Si ce n’est toi, c’est donc ton frère :
Je n’en ai point. C’est donc quelqu’un des tiens :
Car vous ne m’épargnez guère,
Vous, vos bergers, et vos chiens.
On me l’a dit : il faut que je me venge.
Là-dessus au fond des forêts
Le Loup l’emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.

ET LE LOUP ET LA CIGOGNE

Fable n° 9

Livre III

Les Loups mangent gloutonnement.
Un Loup donc étant de frairie,
Se pressa, dit-on, tellement,
Qu’il en pensa perdre la vie.
Un os lui demeura bien avant au gosier.
De bonheur pour ce Loup, qui ne pouvait crier,
Prés de là passe une Cigogne.
Il lui fait signe, elle accourt.
Voilà l’Opératrice aussitôt en besogne.
Elle retira l’os ; puis pour un si bon tour
Elle demanda son salaire.
Votre salaire ? dit le Loup,
Vous riez, ma bonne commère.
Quoi, ce n’est pas encor beaucoup
D’avoir de mon gosier retiré votre cou ?
Allez, vous êtes une ingrate ;
Ne tombez jamais sous ma patte.

Pendant cette période troublée par le virus, j’ai pensé aux classes de quatrième et comme je crois que Victor Hugo est au programme, nous offrons l’audio d’un texte de Léon Levrault spécialiste de littérature.

Voici quelques exemples de FLE avec l’aimable autorisation d’Hélène du point du FLE.

10 questions de compréhension

<strong>Cliquez ici</strong>

Et un autre avec Frédéric, un ami de Montréal qui visite Paris

<strong>Cliquez ici</strong>

Et maintenant 12 de compréhension relative à un voyage à la Réunion de Domi et Gégé:

<strong>Cliquez ici</strong>

Autrement, Démarrons par un exemple

Pour raconter des événements passés avec le présent de l’indicatif

Elle traduit les œuvres de Freud.
Elle commence à fréquenter les cercles littéraires parisiens.
Habituellement, on utilise les temps du passé, mais le présent de l’indicatif peut aussi être utilisé pour raconter des événements passés.

Le présent rend le récit plus actuel donc plus vivant !
On utilise souvent le présent de l’indicatif dans une anecdote ou dans une biographie. Certains diront que le passé simple est plus approprié. Quelles sont les pratiques de nos grands auteurs :

La Fontaine aime bien le présent et l’utilise très souvent mais parfois mixte le présent et le passé: « Le lion et le Moucheron » – on commence au passé : « C’est en ces mots que le lion parlait un jour au moucheron, mais on revient très vite au présent « Penses-tu, lui dit-il, que ton titre de roi me fasse peur ni me soucie », certes nous sommes dans un dialogue (autre style pour rendre le récit vivant) , mais un peu plus loin – « Dans l’abord il se met au large; puis prends son temps, fond sur le cou du lion, qu’il rend presque fou. » Cette alternance passé-présent donne beaucoup de vie au texte. Mais La Fontaine nous réserve d’autres surprises.

Revenons au bases de notre langue.

Accord à la forme pronominale

Le participe passé des verbes pronominaux suit une règle d’accord différente de celle de l’auxiliaire être même si la forme pronominale est formée avec être. Globalement et avant de rentrer dans le détail, il faut faire l’accord comme s’il s’agissait de l’auxiliaire avoir.

Accord avec le sujet (d’apès Le Figaro)

Les verbes pronominaux de sens passif ou neutre n’ayant pas de complément d’objet COD ou COI s’accordent avec le sujet.
Les verbes essentiellement pronominaux c’est-à-dire ne se conjuguant qu’à la forme pronominale (s’enfuir) se conjuguent avec le sujet.

– nous nous sommes méfiés. (verbe essentiellement pronominal)
– la guitare s’est vendue facilement. (verbe de sens passif)
– ils se sont aperçus du problème. (verbe de sens neutre)

Verbes de sens réfléchi et de sens réciproque

On accorde le participe passé avec le complément d’objet direct (COD) si celui-ci est placé avant le verbe (comme pour les verbes conjugués avec avoir). Le COD peut être le pronom réfléchi ou un autre mot de la phrase. En général, on reconnaît un COD en se posant la question quoi ? Ces verbes sont dits transitifs.
Si le complément qui suit est un complément d’objet indirect (COI), comme avec avoir, il n’y a pas d’accord. Les COI sont introduits par des prépositions comme à, de, par etc. Ces verbes sont dits intransitifs.

Merci à Christian Verheyen, dessinateur de talent d’avoir posté les infos ci-dessous sur Facebook.

Les verbes du premier groupe: chanter, marcher, voler, aimer