Rencontre avec quelques auteurs : Annie Barbieret Guillaume de Louvencourt.

Annie Kubasiak-Barbier

Je suis née par hasard en France, dans la belle région du Perche. J’ai d’abord été élevée par mes grands-parents polonais, immigrés en Artois au cœur du bassin minier. J’ai commencé à parler le français à l’âge de cinq ans. Enfant, j’ai beaucoup voyagé de par le métier de mon père. Mes plus belles années d’enfance, je les ai passées à Madagascar. Mais j’ai aussi une affection particulière pour la Corrèze, pays de ma Mère, et nombre de régions de mon beau pays de France.

Je n’ai pas fait de grandes études mais finalement, ça ne m’a pas trop manqué. J’ai toujours aimé lire et sans doute cette boulimie de lecture m’en a appris bien davantage que les bancs de l’école.

Ma plus grande école d’ailleurs a été « l’école de la vie » C’est vrai pour beaucoup d’entre nous. Nos malheurs, nos bonheurs, nos expériences font de nous ce que nous sommes. Je n’ai pas échappé à la règle. J’ai eu une enfance morcelée, une adolescence compliquée. Vous me découvrirez en avançant sur les chemins de ce site …

Entre orties et coquelicots, il est un monde… Le mien…

Après quelques années dans l’administration, j’ai collaboré avec mon mari, pépiniériste et décorateur de jardins en Vallée d’Eure. Un métier passionnant, pendant quarante années, qui m’a permis de rencontrer une foule de gens tellement différents et de m’ouvrir au monde. J’ai deux enfants bien accompagnés, quatre petits-enfants, tous piliers de mon existence. J’ai donc une famille et des amis proches, indispensables à ma vie aussi.

Photo de Willy Mérour, excellent photographe

Guillaume de Louvencourt

Puisque Annie BARBIER a des origines polonaises , j’ajoute avec plaisir cette page sur Guillaume de Louvencourt, parent des Poniatowsky.

Voici quelques unes de mes questions et les réponses de Guillaume :

Guillaume, vous écrivez, vous faites aussi du théâtre, vous êtes aussi ce que l’on appelle une “voix off” c’est à dire un comédien qui ne se produit pas sur scène mais enregistre en studio par exemple de livres audio. Que préférez-vous?

Déjà, j’ai tiré une page complète sur mon long itinéraire théâtral qui a débuté dans le jardin de ma grand-mère maternelle à Mougins quand j’étais bien jeune, et que j’y donnais des petites représentations devant des membres de ma famille. Puis ce fut le Cours Simon pour étudier une formation de comédien professionnel, puis plus tard l’Ecole Supérieure du Spectacle. J’ai apprécié surtout le fait de me rendre utile à la société et à travers cela, aux autres, public surtout fragile (personnes en situation d’handicap, femmes en train de se reconstruire après des violences conjugales), animations théâtrales dans des établissements scolaires, mises en scène pour des associations, invention d’une scène mobile pour permettre à des non-voyants de faire du théâtre et pour laquelle j’ai obtenu une médaille d’or du Concours Lépine. Je ne préfère pas plus le travail de lecture de Livre audio que le Théâtre. J’y vois deux univers différents, à part que mon expérience théâtrale me sert pour lire, ne serait-ce pour avoir une bonne diction et une bonne compréhension du texte et de la sensibilité.

Vous avez écrit et publié « Des princes dans l’Aisne » qui retrace votre parenté avec les Poniatowski, avez-vous gardé des attaches spéciales avec la Pologne?

Oui, d’abord je suis attaché à mes origines polonaises, descendant par ma mère, du frère ainé du dernier Roi de Pologne. Avant d’aller pour la première fois en Pologne, je ressentais déjà l’âme de ce pays en moi, avec par exemple ayant un grand-père qui fut directeur de la Bibliothèque Polonaise de Paris et qui se battit avec deux de ses frères dans l’armée du Général Haller lors du conflit Polono-Russe de 1920 et son épouse, ma grand-mère Frances, qui s’occupa de l’œuvre polonaise de Saint-Casimir à Paris ; le fait de suivre aussi à distance au quotidien ce qui se passait à Gdansk avec Solidarnosc ; ayant aussi la mémoire du frère de ma mère, Marie-André Poniatowski, qui engagé dans la Division blindée du Général Maczek, perdit la vie en 1945 en Hollande en portant l’uniforme polonais. J’ai connu la Pologne avant la chute du Mur de Berlin, et j’ai vécu physiquement et moralement pendant plusieurs jours là-bas la souffrance du Peuple polonais face à la monstruosité et absurdité communiste qui y régnait, et de cette époque je me suis juré de pouvoir apporter plus tard ma modeste contribution pour ce pays, en y faisant par exemple du mécénat au niveau social et aussi co-produire aussi un documentaire en hommage aux soldats du Général Maczek qui ont été si peu reconnu injustement (Sylwester de Bart Verstokt). Je fais partie de plusieurs associations œuvrant pour la Pologne et parraine aussi des associations en France comme en Pologne, aide aussi à la carrière d’artistes polonais dans la musique…

Vous avez inventé coda-mot, cette méthode se rapproche de la radio; A qui cette méthode s’adresse ? Pouvons- nous faire une émission spéciale pour cette méthode? Une coopération me semble intéressante.

En 1993, alors que j’étais chargé dans un lycée au Liban d’animer un atelier-théâtre où nous avions un spectacle à présenter trois mois plus tard, il y avait dans cet établissement scolaire un jeune autiste qui voulait participer à ce spectacle et pour pouvoir l’aider à accomplir son souhait, je l’ai pris chaque matin avant mon atelier, pour le faire travailler des textes. Devant les difficultés que je rencontrais, il a fallu que je trouve un bon moyen de l’aider. Ainsi est née cette méthode que j’ai nommé Coda-Mot, car c’est grâce à la mise en place de symboles sous certains mots que ce jeune a pu mémoriser et interpréter ses textes et il a pu monter sur scène, chose qui aurait paru impossible avant aux yeux du public qui le connaissait. Ce fut un moment inoubliable, à un point que des Libanais voulaient me piquer mon passeport pour ne plus revenir en France et m’occuper de jeunes en difficulté. L’association Voies Livres Défi Langues à Lyon qui publie des fascicules pour un public d’orthophonistes et d’universitaires m’a fait le plaisir et l’honneur de publier ma méthode qui s’est envolé en 2000 à plusieurs exemplaires par jour, à la suite d’un article que le Pèlerin Magazine avait fait sur ma méthode. Par la suite plusieurs médias ont parlé de mon invention qui ne m’a jamais rien rapporté au niveau financier, mais qui m’a fait plaisir de créer et d’améliorer par la suite pour être utilisé comme auto-formation d’abord puis pratiqué en groupe. Côté inventeurs dans la famille, on n’en manque pas (mon grand-père André Poniatowski pour la création d’un char et de chassis pour des véhicules de l’Otan et son beau-frère Charles Lawrance, qui fut l’inventeur du moteur d’avion de Charles Lindberg….)

Par ailleurs vous avez donné des cours d’expression. Est-ce que ce sujet vous intéresse encore?

J’ai tiré un trait dessus et suis passé à autre chose.

Vous avez travaillé avec des musiciens, est-ce que le travail en musique est plus facile. Dans une période de confinement, est-ce une aide?

Lorsque j’ai fait des lectures en public, il m’est arrivé souvent de lire accompagné par des musiciens, ce qu’on appelle des lectures musicales. La musique est un plus pour le lecteur afin de créer une atmosphère. Je salue ici les musiciens avec qui j’ai lu dans le passé : Patrick Doreau à la trompette, François de Stabenrath au violoncelle, à la flute avec Elise Patou.

La musique a maintenant une place dans l’émission L’INSTANT LITTERAIRE dans laquelle je lis des textes littéraires classiques ou d’auteurs d’aujourd’hui sur la radio RCF Poitou en collaboration avec Éric Godailler, elle aide à créer des contrastes entre les différents passages que je lis.

On pourra ecouter régulièrement en fin d’après-midi sur notre radio des nouvelles du 19ème siècle lues par Guillaume de Louvencourt. La sensibilité de Guillaume est simple et épurée, sa voix vous berce, on est reposé. On est loin des effets exagérés des metteurs en scène modernes qui  ne sont capables que d’excès factices et de déformations de l’esprit de l’auteur, des interprétations bruyantes, brouillonnes et fatiguantes – référence aux récentes émissions de Cyrano ou du Misanthrope de la Comédie Française (dommage que Denis Podalydès, grand acteur, fasse de la mise en scène).